2022-06-29

Intégralité de l'interview du Directeur Général de l’ONACC avec Cameroon Tribune (sur les vagues de froids)

Depuis quelques jours, il fait particulièrement froid dans la ville de Yaoundé et ses environs, de jour comme de nuit. Qu’est ce qui explique ce Phénomène ?

L’explication que nous pouvons donner à cette situation est que, le climat global de la terre et particulièrement celui de la zone du Golfe de Guinée à laquelle appartient le Cameroun est sous l’influence d’un courant marin froid depuis deux ans, connu sous le nom de « La Nina ». C’est un courant marin froid, un phénomène climatique périodique qui se déroule tous les 02 à 05 ans dans la partie équatoriale de l’océan Pacifique. Il a pour origine une anomalie des températures des eaux équatoriales de surface (sur les premières dizaines de mettre), et est caractérisé par un refroidissement irrégulier par rapport à la normale de la température des eaux de surface du Pacifique, avec des perturbations climatiques planétaires.

Au Cameroun, les études menées et publiées dans les revues scientifiques par nos soins montrent que l’apparition de ce phénomène s’accompagne majoritairement de vagues de froids ainsi que d’importantes quantités de précipitations sur l’étendue du territoire national.

Par ailleurs, pendant cette période de juin, juillet et août 2022, le climat du Cameroun sera sous la double influence de La Nina observée au niveau du Pacifique Equatoriale et de la mousson, qui est un vent humide de direction sud-Ouest-Nord-Est en provenance de l’atlantique Sud, où sévit actuellement l’hiver. Ce changement est donc dû à la combinaison de l’effet de La Nina et de la mousson qui apporte avec elle le froid hivernal de l’hémisphère Sud.

Sur les réseaux sociaux, il circule une version selon laquelle il s’agit du « phénomène d’Aphélion » et qu’il devrait durer jusqu’au mois d’août. Ce phénomène est-il réel ?

Le climat qui prévaut sur la planète Terre est le résultat de la combinaison d’un ensemble de facteurs déterminants, regroupés en facteurs externes à la terre d’une part et en facteurs internes d’autre part. Parmi les facteurs externes, figurent en bonne place les mouvements de la terre par rapport au soleil. Ces mouvements concernent l’inclinaison de l’axe des pôles, l’excentricité qui renvoie au degré d’aplanissement de l’ellipse et de la distance de la terre par rapport au soleil (précession).

Comme résultat de cette combinaison de mouvements, nous pouvons avoir, soit un phénomène d’Aphélion (moment de l’année où la terre est la plus éloignée du soleil), généralement en juin, juillet ou août, soit un phénomène de Périphélion (rapprochement maximal de la terre par rapport au soleil), généralement en janvier, février ou mars. Le soleil étant le principal fournisseur en énergie du système climatique, l’éloignement de la terre dans le cadre de l’Aphélion se traduit généralement par une baisse de la température moyenne, qui s’accompagne de situations de grands froids. A l’opposé, le rapprochement de la terre par rapport au soleil, dans le cadre du Périphélion entraine une légère augmentation de la température moyenne. Le phénomène d’Aphélion est donc bel et bien réel, marqué par une légère diminution de la température moyenne, qui peut contribuer à expliquer le froid qui sévit en ce moment. 

Quelles dispositions faut-il prendre pour éviter les désagréments liés à ce changement de température ?

Face à ce phénomène de baisse des températures, l’Homme ne peut que s’adapter, c’est-à-dire s’ajuster à l’ambiance climatique en cours. Tout spécifiquement, cette situation marquée par les froids pourrait avoir des répercutions à la fois sur la santé humaine et sur la santé animale. En effet, la baisse des températures et les épisodes de froids qui lui sont associés expose les populations tant urbaines que rurales à une multiplication des cas de maladies respiratoires (grippes, toux, rhume etc.), à une multiplication des douleurs articulaires chez les personnes souffrant de rhumatisme, d’arthrose.